Les mandalas de sables tibétains
Pour les moines du Tibet qui créent de belles peintures sur sable, le démantèlement de leur travail est une expression du côté éphémère de la vie.
L'art du Mandala de sable qui consiste a créer des œuvres complexes en utilisant du sable coloré, est pratiquée par des moines tibétains dans la plus pure tradition tantrique. Dans la langue tibétaine, la technique est appelée dul-tson-kyil-khor (mandala de poudres colorées). Dans le cadre du mandala de sable, des millions de grains de sable sont disposés soigneusement sur une plate-forme plane. Plusieurs moines travaillent sur une seule pièce, ce qui peut prendre des jours, voire des semaines à compléter. Le mot Mandala signifie «cercle» en sanskrit et est censée représenter le cosmogramme d'un bouddha ou bodhisattva. La technique comprend des figures géométriques et des symboles spirituels bouddhistes. Un mandala de sable peint est utilisé comme un outil pour bénir la terre et ses habitants. Il fournit également au moine qui pratique l'art une représentation visuelle de l'esprit éveillé du Bouddha.
Un mandala de sable typique se compose d'un anneau extérieur, à l'intérieur duquel un petit carré représentet le Palais Célèste, un lieu d'habitation de la divinité. Ce carré a quatre portes d'entrée représentant chacune les quatre directions. Le carré contient un cercle, divisé en 9 secteurs. Ce cercle peut répéter le motif de l'extérieur, ou peut contenir la divinité elle-même. Si c'est le cas, les manifestations de la divinité sont représentées dans les secteurs environnants.
Les mandalas tibétains sont d'une simplicité trompeuse. Ils sont extrêmement complexe et peuvent prendre des semaines à compléter. Les moines bouddhistes suivent des années de formation avant de pouvoir faire un mandala. Le rituel est considéré comme très sacré, il ne peut être réalisé sur un ton léger. Donc, avant qu'un mandala soit fait, un moine va passer du temps dans l'étude philosophique et artistique. Une fois atteind le bon niveau de compréhension, le mandala est créé. Dans le monastère personnelle du Dalaï Lama, le monastère Nyamgal, les moines passent environ trois ans à étudier avant de réaliser le mandala.
Traditionnellement, quatre moines travaillent sur un seul mandala. Chacun de ces quatre moines dispose d'un assistant pour remplir les couleurs. Tous les moines commencent à travailler sur le mandala du centre, se déplaçant vers l'extérieur. L'équilibre est maintenu par l'attente de tous les moines de remplir leurs sections, avant de passer à la suivante. Mais avant même de pouvoir commencer leur travail sur le sable, les moines ont une cérémonie d'ouverture. Ensuite, la craie est utilisée pour faire un plan du mandala, en commençant par un point unique au centre même. Quatre lignes sont tracées à partir de ce point, après quoi chaque moine travaille dans son propre quadrant. Une fois le plan terminé, les contours sont remplis avec du sable coloré.
Mais ce qui est le plus unique sur les mandalas de sable tibétains, c'est qu'ils sont détruits après l'achèvement. Les moines travaillent méthodiquement en brossant le sable, et en le poussant vers le centre de la plate-forme. L'ensemble du processus est ainsi inversé, et le sable est versé dans la masse d'eau la plus proche. Cette action est destinée à nous apprendre à ne pas avoir d'attache aux objets terrestres, et symbolise l'impermanence de toutes les choses matérielles.
Catherine.Kammerer